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R E P R É S E N T A T I V I T É

Ivry-sur-Seine, le 18 avril 2008

 

L’UNION PLUTÔT QUE LA DIVISION

LE RASSEMBLEMENT PLUTÔT QUE L’ÉPARPILLEMENT

 

Les dernières communications que vous avez reçues faisaient état des différentes réunions concernant la représentativité. Reprenons depuis le début.

Le projet signé par le MEDEF, la CFDT et la CGT

C’est ce projet qui a précipité les choses. Que dit-il ? En gros, il précise les règles futures de représentativité, à savoir :

  • deux ans d’existence minimum dans l’entreprise (merci pour les nouveaux entrants !),

  • mesure de l’audience : les élections CE (merci pour les 8 millions de salariés qui n’ont pas de CE !),

  • seuil de représentativité dans l’entreprise : 10% (calculez votre taux), nomination d’un DS à la seule condition qu’il soit lui-même élu CE ou DP à un taux supérieur à 10%,

  • seuil de représentativité dans la branche : 8%.

C’est donc bien d’un YALTA syndical qu’il s’agit.

Le MEDEF (qui est à l’origine du texte, il faut le savoir), la CFDT et la CGT veulent partager le monde syndical en deux pôles : un syndicat réformateur (la CFDT) et un syndicat contestataire (la CGT), pour le plus grand plaisir du MEDEF qui ne pouvait rêver mieux !

Après ce projet, il ne reste plus qu’à légiférer et, soyons-en sûr, dans le même sens que ce texte !

La semaine dernière, Alain OLIVE, Secrétaire Général de l’UNSA, m’a fait part d’un contact avec la CGC. Il m’a également annoncé sa décision de réunir un Bureau National extraordinaire, le jeudi 17 avril 2008, pour discuter de ce sujet et poser aux 8 pôles qui constituent l’UNSA une question : êtes-vous d’accord pour ouvrir des discussions (et je dis bien « des discussions ») en vue d’un rapprochement possible avec la CGC ?

La réunion des secrétaires généraux de l’UNSA2A

Sur cette base, j’ai convoqué, lundi 14 avril 2008, les secrétaires généraux de toutes nos branches, afin de porter une décision commune de l’UNSA2A, le jour du Bureau National.

Lors de notre réunion, nous devions choisir entre :

  • ne rien faire et laisser les choses en l’état (et alors mourir à petit feu, au gré des élections CE, donc d’ici 4 à 5 ans),

  • engager des discussions avec la CGC, analyser nos différences, nos convergences, et étudier la possibilité d’un nouveau projet syndical en France.

Les secrétaires ont fait preuve de pragmatisme et de lucidité en précisant qu’ils ne souhaitaient pas signer un chèque en blanc au bureau national de l’UNSA concernant les modalités de cet éventuel rapprochement. Cependant, ils approuvent, à l’unanimité, l’ouverture de discussions avec la CGC, voire même de laisser la porte ouverte à d’autres organisations syndicales.

Dans cette optique, l’UNSA2A demande à l’UNSA son intégration au sein des groupes de travail traitant de ce possible rapprochement.

La réunion du Bureau National UNSA

Alain OLIVE a rappelé les évènements de ces dernières semaines.

Il a insisté sur le fait que la signature de cette décision commune, « c’est du lourd » (sic) et que le gouvernement légifèrera probablement dans ce sens.

La situation est donc extrêmement difficile. Trois possibilités s’offrent à l’UNSA :

  • attendre et croiser les doigts mais c’est un pari risqué : celui de disparaître à terme,

  • se conformer à la position commune et attendre les résultats des élections CE d’ici 4 à 5 ans... mais l’UNSA se développera-t-elle suffisamment pour répondre aux critères de représentativité (cumulatifs)… pari risqué aussi,

  • anticiper, en essayant de trouver des alliés.

Alain OLIVE a estimé que la pire des choses serait l’immobilisme. Les syndicats en France, champions de la division, n’ont jamais essayé de s’unir SAUF l’UNSA, il ne faut pas l’oublier.

Pour autant, Alain OLIVE n’a pas éludé les sujets qui fâchent à savoir les différences d’approches, de valeurs, de culture et d’organisation commune.

Si ‘’mariage’’ il doit y avoir, la publication des bans n’est pas prévue pour demain ! Mais cela vaut le coup d’essayer en dialoguant avec la CGC en vue d’élaborer un véritable projet syndical pour les adhérents de l’UNSA.

Les différents pôles de l’UNSA se sont succédés à la tribune pour évoquer de manière parfois animée :

  • les valeurs, notamment l’autonomie et l’indépendance,

  • les relations parfois tendues entre la CGC et l’UNSA dans certaines branches,

  • les modalités du rapprochement envisagé,

  • le sigle (changera-t-il en cas de ‘’mariage’’ ?),

  • la confidentialité des approches avec la CGC.

A l’issue de cette réunion, les pôles de l’UNSA (même ceux du service public) ont majoritairement décidé de soutenir Alain OLIVE pour qu’il poursuive les discussions avec la CGC.

Saluons au passage l’UNSA Police qui malgré des difficultés qu’elle rencontre avec la CGC, approuve ces discussions dans un esprit de solidarité interprofessionnelle.  « Râler pour râler ne sert à rien, battons-nous pour préserver notre syndicat, nos valeurs en négociant ENSEMBLE en toute loyauté ! » a-t-elle déclaré.

Malgré un avis favorable, des réserves ont été émises :

  • UNSA2A : pas de chèque en blanc au Bureau National. Nous voulons participer aux discussions,

  • UNSA Education : préparons une nouvelle offre syndicale et un vrai projet d’avenir,

  • UNSA Banques Assurances : mettre un terme aux procès entre la CGC et l’UNSA,

  • Tous les pôles : autonomie, indépendance et laïcité devront rester les valeurs phare de la future organisation.

Cette liste n’est pas exhaustive …

Concernant la confidentialité des premières approches, la plupart des pôles conviennent que l’enjeu et la rapidité des évènements exigeaient la plus grande discrétion.

Hélas, la presse s’est rapidement fait l’écho, non pas de discussions entre l’UNSA et la CGC (qui n’ont, d’ailleurs, pas encore démarré), mais carrément d’une fusion (ce qui démontre combien il faut rester prudent face à la presse).

Le Bureau National et Alain OLIVE comprennent parfaitement que nos délégués syndicaux et adhérents n’aient pas apprécié d’être informés (qui plus est faussement par la presse), mais ces fuites étaient difficilement maîtrisables.

Il faut bien comprendre qu’à l’heure actuelle, nous n’en sommes qu’au stade de la réflexion : nous ne nous engageons que dans un processus de discussions en vue d’un rapprochement possible. Cela exigera du temps !

Enfin, il ne faut pas oublier une chose simple : si ‘’mariage’’ il devait y avoir, cela ne pourrait être qu’après un congrès et un vote démocratique de tous les pôles !