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e x p o |
Petit tour d'horizon d'expositions intéressantes à Paris...
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Voyages
en utopie,
C’est l’histoire d’une expo qui n’a finalement pas eu lieu... ou presque ! Poète génial pour les uns, intello insupportable pour les autres, tour à tour l’un et l’autre (selon les films, les périodes... et l’humeur personnelle !) pour votre serviteur, Jean-Luc Godard a marqué l’histoire du cinéma comme personne : il suffit de citer A bout de souffle (1959), Le Mépris (1963) ou Pierrot le fou (1965) pour s’en convaincre. Trublion iconoclaste de la Nouvelle Vague (aux côtés de François Truffaut, Claude Chabrol, Jacques Rivette ou Eric Rohmer), électron libre, auteur d’une oeuvre protéiforme (essayiste, critique, vidéaste), Jean-Luc Godard est donc à Beaubourg : films, installations, documents divers, rendent compte d’une activité irrégulière et bouillonnante (non, les deux ne sont pas incompatibles)... oui mais. Oui mais... seulement voilà : il se trouve qu’à l’arrivée, l’exposition présentée à Beaubourg n’est plus exactement celle qui était prévue au départ, avec la collaboration de Godard. Le cinéaste s’est finalement désengagé d’un projet dans lequel il ne se reconnaissait plus. Mais le résultat ressemble finalement bien à du Godard : impression d’inachevé, sentiment diffus d’une oeuvre en mouvement perpétuel, collage esthétique, patchwork culturel... l’expo est un peu tout cela à la fois. Les salles s’appellent «Hier», «Avant-hier» ou «Aujourd’hui» (et pour demain... rien, bien entendu !... Ce qui n'est guère étonnant quand on connaît le sens de la désillusion de ce cinéaste désabusé) : tout cela est un peu à l’image des films de Godard, d’où filtraient souvent un certain désespoir, même quand il anticipait avec génie les évolutions de la société (notamment dans Weekend et, surtout, La Chinoise, deux films prémonitoires qui annoncent littéralement mai 68, un an avant l’heure). Bien sûr, certains ont fait un rapprochement direct avec l’œuvre cinématographique (« Les films de Godard ? Incompréhensibles ! » : voilà le ‘‘compliment’’ qui revient le plus souvent). Mais peu importe : on est loin, très loin de l’hommage ou, pire encore, de l’hagiographie. Et, dans le fond, c’est la bonne nouvelle de cette exposition : à travers ce beau ‘‘bordel’’ qu’il a installé à Beaubourg, Godard prouve qu’il est bien en vie. Plusieurs publications, éditions ou rééditions de livres et films complètent l’exposition sur Godard. D’abord, l’ouvrage «officiel» de l’expo, édité par le Centre Pompidou : Jean-Luc Godard : Documents, qui, outre de nombreux documents rares ou inédits, contient un DVD avec des courts métrages. Citons aussi l’heureuse initiative de l’éditeur Gallimard, qui publie Histoire(s) du cinéma, un bel (et lourd !) objet à l’iconographie soignée. Enfin, il reste aussi (et surtout, serions-nous tentés de dire !) les films, bien sûr : à voir ou à revoir, ils sont en général disponibles en DVD. Aux
titres déjà cités dans cet article, ajoutons Vivre sa vie
(1962), Alphaville (1965, tentative intéressante de « science
fiction poétique »), Masculin Féminin (1966), Deux ou trois
choses que je sais d’elle (1967), mais aussi les très « pop » Made
in USA (1968) et One + One (1969, ou Godard filmant les
Rolling Stones pendant l’enregistrement de Sympathy For The Devil).
Jean-Charles MURGIA |
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