C I N E M A 

 

Au sommaire :

 

60ème anniversaire du Festival de Cannes

  • Savez-vous avec quel film Federico Fellini a obtenu la Palme d'Or en 1960 ? La Dolce Vita ou Huit et demi ?
  • Savez-vous en quelle année Marco Ferreri a déclenché ce qui reste, aujourd'hui encore, le plus gros scandale de la croisette avec son film La Grande Bouffe ?
  • Connaissez-vous les deux films qui se sont partagé la Palme d'Or pour le 50ème anniversaire du Festival, en 1997, sous la présidence d'Isabelle Adjani ?

A l'occasion du 60ème Festival de Cannes, le site officiel, très complet et très bien fait, propose de revisiter les palmarès au fil des années...

Pour les amoureux du 7ème art (et si vous lisez ces lignes, il y a des chances pour que vous en soyez !), c'est une mine passionnante pour trouver ou retrouver des films prestigieux ou oubliés, grâce à un festival qui a su, 60 ans durant, faire la part belle à tous les cinémas, du plus commercial au plus expérimental.

è site internet du festival de cannes 

 

 

Jean-Luc Godard et le monde ouvrier

Jean-Luc Godard, chef de file de la Nouvelle Vague, avec notamment François Truffaut, Claude Chabrol, Éric Rohmer ou Jacques Rivette, a passé l'essentiel des années 70 à faire des films plus directement sociaux et engagés : auteur, dans les années 60, de quelques uns des films clé de l'histoire du cinéma (A bout de souffle, Le Mépris, Pierrot le fou...), Godard s'est peu à peu orienté dans une veine plus sociale et beaucoup moins glamour que dans ses oeuvres précédentes. Exit Brigitte Bardot, Anna Karina ou Jean-Paul Belmondo : les "stars" des films de Godard des années 70 sont des ouvriers !

C'est dans ce contexte qu'il réalise Tout va bien, un film qui conclut (avec quand même, parmi les ouvriers, deux stars : Yves Montand et Jane Fonda... exception qui confirme la règle !) une série de films très politiques et radicaux.

En cliquant sur le lien ci-dessous, vous pourrez accéder à un entretien vidéo que Godard a donné à l'époque du film : il y expose la difficulté de filmer le monde du travail, filmer l'usine de l'intérieur... Cette difficulté (voire cette impossibilité) de filmer ces lieux est d'autant plus troublante que, comme le dit Godard lui-même au cours de cet entretien, l'usine (et, plus généralement, le monde du travail) constitue la majeure partie de l'occupation humaine au cours d'une journée. On peut tout filmer sauf ça... pourquoi ?

L'intérêt de cet entretien tient aussi aux résonnances qu'on peut y trouver dans la société actuelle ; on a souvent dit de Jean-Luc qu'il était un visionnaire : ces images viennent encore le confirmer.

è interview de jean-luc godard (1972)

 

Quelques films-clé de la Nouvelle Vague :

 

Jean-Luc Godard :

  • A bout de souffle (1960)

  • Le Mépris (1963)

  • Vivre sa vie (1964)

  • Pierrot le fou (1965)

  • Masculin Féminin (1966)

  • Deux ou trois choses que je sais d'elle (1967)

  • La Chinoise (1967)

  • Week-end (1968)

Claude Chabrol :

  • Le Beau Serge (1958)

  • Les Bonnes femmes (1960)

  • La Femme infidèle (1969)

  • Que la bête meure (1969)

  • Le Boucher (1970)

 

François Truffaut :

  • Les 400 coups (1959)

  • Jules et Jim (1962)

  • La Peau douce (1964)

  • Baisers volés (1968)

Éric Rohmer :

  • Le Signe du Lion (1962)

  • La Collectionneuse (1967)

  • Ma nuit chez Maud (1969)

  • Le Genou de Claire (1970)

Jacques Rivette :

  • Paris nous appartient (1961)

  • La Religieuse (1966)

  • L'Amour fou (1968)

  • Out One (1971)

Par ailleurs, signalons Paris vu par... (1964), film à sketches un peu inégal, mais néanmoins emblématique de la Nouvelle Vague, qui rassemble des noms importants (Godard, Rohmer, Chabrol), mais aussi des noms moins connus (Jean Douchet, Jean-Daniel Pollet et Jean Rouch).

 

 

 

 

Ken Loach, cinéaste "social"

"Le cinéma ignore généralement le monde du travail. C'est pourtant là que se joue la moitié de la vie des gens ! Suivre les personnages sur leur lieu de travail, c'est un moyen trop souvent sous-exploité de montrer comment ils fonctionnent ensemble et comment ils réagissent aux conflits", expliquait le cinéaste en 2001, dans le dossier de presse de The Navigators, un film basé sur la vie des cheminots à l'heure de la privatisation des chemins de fer en Angleterre.

"Ken Loach maintient un miraculeux équilibre entre réalisme, émotion et humour" - Le Monde

C'est presque devenu un lieu commun : Ken Loach est le "cinéaste social" par excellence.

Il a démarré sa carrière au début des années 60, à la télévision anglaise.

En 1968, il devient, avec Pas de larmes pour Joy (Poor Cow), l'un des fondateurs de la vague néo-réaliste britannique, suivi notamment par des cinéastes comme Mike Leigh ou Stephen Frears.

Réalisateur "le plus censuré d’Angleterre" dans les années 80, Ken Loach (né en 1936) bénéficie à partir des années 90, d’une reconnaissance internationale et ininterrompue depuis, qui culminera avec sa Palme d'Or à Cannes en 2006, pour le film Le Vent se lève (The Wind That Shakes The Barley).
Loin de tout misérabilisme, il filme et raconte avec passion et chaleur humaine les défavorisés et les victimes de nos sociétés contemporaines. Ses personnages nous illuminent par leur énergie, leur sens de la survie, et leur capacité à espérer.
Ils nous font partager avec un naturel stupéfiant leurs espoirs et craintes, comme autant de sonnettes d’alarmes, d’avertissements contre les injustices et la brutalité.

 

Le coffret Ken Loach - Années 90 comprend 4 films (VO et VF) :

  • Riff Raff (1991),

  • Raining Stones (1993),

  • Ladybird (1994),

  • Land And Freedom (1995).

Chaque film est accompagné d’un entretien avec le cinéaste où il évoque les moments clés, les rencontres essentielles, des anecdotes, etc.

A lire, pour en savoir plus sur Ken Loach :

Kenneth Loach, un rebelle, un essai de Francis Rousselet, aux éditions du Cerf, collection "7e art".
"J'ai écrit "Kenneth Loach, un rebelle" afin de rendre un modeste hommage personnel à un cinéaste britannique dont j'ai suivi l'œuvre depuis plus de trente ans et dont la démarche m'est toujours apparue exemplaire par son intégrité et sa fidélité. Hommage ne signifie évidemment pas hagiographie ; j'ai toutefois eu à cœur - face à certaines critiques que je connais bien - de justifier nombre de choix faits par Loach en tant que créateur. J'ai laissé de côté toute évocation biographique d'un homme dont je sais la discrétion personnelle, pour consacrer exclusivement mon ouvrage au parcours créatif du cinéaste, en souligner la continuité, les correspondances, mais aussi les évolutions. L'ambition de ce livre est d'être un accompagnement au visionnement de ses films, en même temps qu'une incitation à découvrir d'autres éléments de son oeuvre notamment télévisuelle - qui n'ont pas connu de vraie diffusion en France. A travers ces pages, j'aimerais faire sentir que Loach est en fait bien mieux qu' "un rebelle" (qualificatif réducteur) ; c'est un homme qui, à travers ses films, a tenu à se faire régulièrement l'écho, la voix d'autres hommes qui, en des lieux divers, n'étaient ni les gagnants ni les plus forts, et a témoigné avec obstination de leur droit à l'existence et au respect." (Francis Rousselet)

Le cinéma de Ken Loach - Misères de l'identité professionnelle, un essai d'Erika Thomas, aux éditions de L'Harmattan, collection "De Visu".
Look and smiles
(1981), Raining Stones (1993) et The Navigators (2001) constituent le terrain fictionnel à partir duquel sont étudiées les caractéristiques de l'identité professionnelle dans l'univers cinématographique de Ken Loach. Le cinéaste anglais, engagé et militant, dénonce dans chacun de ses films, les normes du néolibéralisme et ses conséquences sur les structures et institutions ainsi que sur les sujets les plus vulnérables.

L'univers de Ken Loach - Engagement politique et rencontre amoureuse, un autre essai d'Erika Thomas, aux éditions de L'Harmattan, collection "De Visu".

 

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